A PROPOS DE LA FAMILLE TOT :

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Au loin gronde le canon, la nuit les partisans font parler les armes, et sur scène deux musiciens entretiennent le feu. La guerre, peu définie, est une saloperie, comme toutes. Le fils n’en reviendra pas. Mais la famille Tot ne le sait pas et elle accueille « le commandant » du fiston, un individu aux cheveux gras et aux nerfs fragiles, venu se reposer au creux d’une nature silencieuse, où l’air est troublé par le parfum de résine des forêts proches. En mettant en scène ce texte du Hongrois Istvan Örkény (disparu en 1979), Jean Doucet ouvre la porte d’un univers qui va se déglinguer, jusqu’à l’incertitude de la raison. Le père, chef des pompiers, a-t-il sous la table mordu le mollet du commandant ? L’a-t-il insulté ? Personne n’a entendu, ni vu. Demain, après-demain seront plus oppressants encore, sans violence physique. La résignation sera-t-elle triomphante ? Ionesco n’est pas loin, et Kafka non plus.

Gérald Rossi

Il y a, de l’aveu même du dramaturge hongrois Istvan Orkeny, un peu de Ionesco dans sa pièce « La famille Tot ». Théâtre de dénonciation de la notion d’occupant, et acte de résistance à la manipulation mentale, l’univers de l’auteur développe des situations absurdes chargées d’interpeller le spectateur sur la brutalité du monde en lui proposant un humour noir corrosif. Superbe d’intelligence et d’invention, la mise en scène de Jean Doucet rend compte de la richesse de l’œuvre en évitant de surligner les scènes, utilisant plutôt l’ellipse et la métaphore. Homogène, la distribution offre aux excellents comédiens l’occasion de magnifier cette œuvre à la beauté noire.

Jean-Rémi Barland

  Emission Les carnets de la création, Aude Lavigne invite Jean Doucet. Cliquer sur l'image pour écouter le podcast

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A PROPOS DE TATA OU DE L'EDUCATION :

D'un chapelet de saynètes travaillées au scalpel par un jeune metteur en scène - acteur au talent insolent (Jean Doucet), émerge un huis clos kafkaïen qui débouche sur un suspens ne laissant pratiquement aucun répit jusqu'à l'épilogue... diabolique! L'écriture puissante et la mise en scène quasi sulpicienne (habilement trouée de rires salvateurs) créent un poisseux malaise, pas si éloigné de certains films de Michael Haneke. C'est du corsé, mais quan la douleur y est ainsi exposée, l'aventure vire au feu sacré. On y court vite!

MYRIEM HAJOUI

Une mise en scène de grande qualité et des acteurs habités jusque dans leurs moindres gestes. Nulle surprise à ce que le spectateur ressorte conquis par ce quatuor.

frederic marty